Clustree : la startup qui redonne du pouvoir aux Ressources Humaines grâce au big data

Clustree est la première solution SaaS qui transforme plus de 250 millions de parcours professionnels mondiaux en recommandations basées sur un discours de preuves.

 

Fondateur :

Bénédicte de Raphélis Soissan
Quelques chiffres :

250 millions de parcours de professionnels analysés
3,1 millions d’euros levés
200 secteurs d’activité et 100 pays

Clustree

Quand chercher son futur job conduit à entreprendre

Bénédicte de Raphélis Soissan : J’ai un parcours un peu atypique. On demande souvent aux gens ce qu’ils font dans la vie. Il y a encore quelques temps, j’aurais été bien embêtée pour répondre à cette question. J’ai commencé par des études de maths appliquées à l’université. Je n’ai donc pas un profil ingénieur et pas un profil d’école de commerce. J’ai fait 4 ans de conseils en stratégie dans un petit cabinet pour accompagner tout ce qui est nouveaux business models, nouvelles stratégies pour des grands groupes. J’ai toujours eu envie d’entreprendre sans savoir que ça se matérialisait par le fait d’entreprendre. J’ai toujours eu envie d’être maître de mon destin, d’avoir des projets et de réussir à les concrétiser, mais je ne me suis jamais dit : « je veux être entrepreneur ».

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Au bout de 4 années dans le conseil, j’avais envie de changer de métier. J’avais fait le tour. Mais je ne savais pas ce que je pouvais faire. J’avais besoin de trouver de l’inspiration. Je savais que j’avais fait des maths, que j’avais travaillé dans une association, que j’avais fait du conseil, …Plein de choses qui n’ont rien à voir entre elles. Qu’est ce que je pouvais bien faire ensuite. Mon premier réflexe a été d’analyser les profils de gens qui me ressemblaient. Je voulais savoir ce que des gens qui avaient des points communs avec mon parcours, avaient pu faire comme métier. J’ai rapatrié des CV. Ça m’a demandé beaucoup de temps car j’en ai analysé plus de 500. Ça m’a pris des jours et des nuits ! Je suis arrivée à quelques conclusions mais qui n’étaient pas super utiles car d’abord je n’avais analysé que 500 CV. Pour moi, c’était beaucoup mais pour pouvoir tirer de vraies analyses, c’était loin d’être suffisant.

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La deuxième chose, c’est que je n’avais aucune indication pour savoir si ce changement de carrière qu’avaient fait ces gens, était pertinent et s’ils s’étaient épanouis dans ces nouveaux postes. Je me suis demandé pourquoi cet outil n’existait pas et je me suis dit que ça serait quelque chose d’extrêmement utile pour la fonction RH. Ça pourraient être un outil extrêmement puissant si elle pouvait avoir ces informations analysées sur des millions de parcours professionnels.

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« Je voulais savoir ce que des gens qui avaient des points communs avec mon parcours, avaient pu faire comme métier. »

2013 : c’est le moment de se lancer !

Bénédicte de Raphélis Soissan : Je me suis toujours dit que, pour lancer son entreprise, il fallait avoir un projet qui s’impose à soi, un projet qui nous fasse vibrer, qui nous donne envie de nous lever le matin et de ne pas nous coucher le soir. Quand j’ai eu cette idée pour les fonctions RH, je me suis dis que c’était chouette et que j’allais essayer de le développer en me faisant recruter dans une entreprise. Je suis allée rencontrer un grand groupe qui travaille beaucoup sur les parcours professionnels. Je leur ai envoyé un pitch avec 5 slides en leur disant de me rencontrer. J’y suis allé au culot.

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Ils ont trouvé ça super intéressant et m’ont dit qu’il fallait aller présenter ça au siège qui se trouvait aux USA. J’ai pitché avec quelqu’un là-bas. Et le soir, en rentrant chez moi, je me couche et je me suis dis : « mais qu’est ce que tu fais ?? Tu as toujours eu envie d’entreprendre et là tu es en train de proposer ton idée pour te faire recruter quelque part… Donc vas-y lance toi ! ». Ça y est, j’avais le projet pour lequel j’étais prête à bosser jour et nuit.

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«  Je me suis dis : tu as toujours eu envie d’entreprendre et là tu es en train de proposer ton idée pour te faire recruter quelque part… Donc vas-y lance toi ! . »

2013 : un pilote de la solution signé sans une ligne de code écrite…

Bénédicte de Raphélis Soissan : Quand je me suis lancée, j’avais une petite particularité : je n’étais pas technique, je n’avais aucune connaissance dans l’écosystème entrepreneurial et je ne connais rien à la RH… Il y a plus simple pour commencer (rires). La chance que j’ai, c’est que j’aime le défi. Plus c’est compliqué, plus j’ai envie de réussir. Ça ne m’a pas fait peur du tout. Pour que l’idée devienne une entreprise, il fallait que j’arrive à convaincre soit un client, soit un investisseur. Si j’arrivais à faire ça, ça voulait dire qu’il y a avait un marché.

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J’ai été pitché un premier groupe avec des slides et une petite vidéo en leur expliquant à quoi ressemblerait la solution. Je leur ai expliqué très naïvement qu’il faudrait 6 mois pour la développer. J’ai signé le pilote de la solution alors qu’il n’y avait pas une ligne de code commencée… Je pensais très honnêtement et très naïvement que je serai capable en 6 mois de délivrer une solution qui fait du machine learning, des algorithmes … Un peu inconsciente je l’avoue. C’est ce qui m’a permis de rentrer les premiers milliers d’euros de chiffre d’affaires et ensuite d’aller chercher un investisseur. Je n’avais plus le choix, il fallait que je crée une équipe. Mais quand on a 100 000 euros sur le compte, ce n’est pas évident de faire venir les meilleurs. Il fallait que je lève des fonds.

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« Je pensais très honnêtement et très naïvement que je serai capable en 6 mois de délivrer une solution qui fait du machine learning, des algorithmes … »

2014 : lever pour recruter

Bénédicte de Raphélis Soissan : Un soir, je suis allé à un dîner chez TheFamily. J’ai rencontré Frédéric Montagnon. Il m’a dit que mon projet était super mais qu’il était en train de lancer sa deuxième boîte et qu’il n’avait donc rien à investir. J’ai adoré son discours. Je sentais que c’était un entrepreneur brillant car il n’avait rien à gagner à me dire que mon projet était top. En plus, il m’avait dit non alors j’avais envie d’aller chercher le oui (rires). Au bout de 4 appels téléphoniques, j’ai réussi à le convaincre. Il s’est dit que je n’allais pas le lâcher, que j’avais réussi à convaincre un client et que j’arriverai à le faire avec d’autres. Il m’a dit oui. Avec son oui, je suis aller chercher d’autres oui et j’ai réussi à lever 600 000 euros. C’est à partir de là que tout commence.

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« Avec son oui, je suis aller chercher d’autres oui et j’ai réussi à lever 600 000 euros. C’est à partir de là que tout commence. »

2014 : Rencontre avec Benjamin, futur CTO, et début de l’aventure

Bénédicte de Raphélis Soissan : J’ai rencontré Benjamin. Ce qui a été difficile sur ce premier échange, c’est que comme je ne suis pas du tout technique, c’est difficile de savoir si la personne que vous rencontrez, a le potentiel pour incarner et développer la technologie que l’on a l’ambition de porter sur le marché. Est ce qu’on va arriver à porter ce projet ensemble. Je me suis beaucoup fait aider d’investisseurs qui avaient des compétences sur le recrutement de directeur technique. On a échangé assez simplement sur ce qu’on voulait faire fonctionnellement. Je pense qu’il avait besoin d’être rassuré sur la nature du projet et son potentiel. C’était aussi important de voir si nous étions tous les deux alignés sur la vision.

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Benjamin Deveze : Au moment où j’ai rencontré Bénédicte, j’avais pas mal de projets personnels. Je n’y allais pas forcément très convaincu mais je me suis dit que ça valait quand même le coup de la rencontrer car le projet avait l’air intéressant. Elle m’a expliqué que la fonction RH n’avait pas évolué depuis un bon moment et qu’il y avait beaucoup de choses à apporter à ce domaine. Tout ce qui se passe en intelligence artificielle, en technologie, en data… pouvaient vraiment dépoussiérer ce secteur. Elle m’a parlé de différents cas d’utilisation adaptés à la mobilité, au recrutement… Les possibilités m’apparaissaient au fur et à mesure qu’elle me décrivait le projet, comme très nombreuses. En écoutant Bénédicte pitcher avec sa force de conviction emblématique, je me suis dit que ce projet était certainement plus avancé que les réflexions que je menais sur mes projets personnels.

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« c’est difficile de savoir si la personne que vous rencontrez, a le potentiel pour incarner et développer la technologie que l’on a l’ambition de porter sur le marché. »

2015 : Construction de l’outil Clustree et envol

Benjamin Deveze : Quand je suis arrivé chez Clustree, Bénédicte avait déjà convaincu des clients sur la base d’un MVP. L’existant était très limité donc il a fallu assez vite se rendre à l’évidence qu’il allait falloir tout reprendre à zéro. Comme il y avait des clients en attente, ça rajoutait une difficulté supplémentaire. Il fallait en même temps que l’on apprenne à bien se connaître avec Bénédicte qui a un vocabulaire métier et fonctionnel qui n’était pas forcément le mien. Il fallait essayer de traduire ça dans des systèmes qui fonctionnent. L’autre complexité, c’est qu’elle ne se rendait pas forcément compte de ce qui était compliqué ou pas. Le développement s’est ensuite fait par étape.

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Pour développer des algorithmes qui travaillent sur les données, il faut commencer par recueillir de la donnée. Une fois qu’on a les données, elles ne sont pas forcément très propres donc il faut les nettoyer et les normaliser pour pouvoir les utiliser. C’est la phase la plus ingrate car elle n’est pas du tout visible par le client et pourtant elle est indispensable. Il fallait en parallèle développer la partie visible, à savoir le produit. On a eu de plus en plus de clients qui commençaient à utiliser notre service. Avec leurs retours, on améliore le produit tout en continuant à acquérir des données et à améliorer les algorithmes qui travaillent dessus.

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Bénédicte de Raphélis Soissan : Au début, on analysait 15 millions de profils professionnels dans le monde. Aujourd’hui, on en analyse 250 millions. Je dis souvent aux équipes techniques que ce que je trouve incroyable, c’est le pouvoir qu’elles ont entre leurs mains. Avec un clavier et leur intelligence, ces personnes donnent vie à quelque chose. C’est ce que trouve formidable dans la tech, c’est que qu’on transforme une idée en un projet, puis en un produit. On fait vivre quelque chose. C’est de l’artisanat de luxe en fait. La technologie permet de raccourcir le chemin entre une idée et sa concrétisation. Je trouve cela magnifique.

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« Au début on analysait 15 millions de profils professionnels dans le monde. Aujourd’hui on en analyse 250 millions. »

Mars 2015 : Clustree opte pour le management intergénérationnel

Jean-Louis Pérol : il y a eu une croisée de chemins entre Bénédicte et moi. Je venais des grands groupes mais j’avais très envie d’agilité. J’étais avant dans des entreprises très organisées, très hiérarchiques. Chaque fonction était très définie dans ce type de société. Dans une startup, je découvre complètement autre chose. Nous ne sommes pas nombreux et nous sommes un peu sur tous les sujets. On a essayé de se répartir des rôles avec Bénédicte, mais on se rend compte qu’on peut se retrouver sur les mêmes sujets. Il y a bien entendu un important décalage d’âge avec le reste de l’équipe. Je ne viens pas de la même culture.

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La première chose qu’il faut maîtriser, ce sont les outils. Dans une startup, il y en a énormément. Je n’étais pas du tout habitué à ça. Il a par exemple fallu que je me familiarise avec Slack ou Trello. Si on ne maîtrise pas ces outils, on reste en dehors de l’entreprise. En toute honnêteté, les premières semaines je ne comprenais rien (rires). Mais l’effort, il est bi-directionnel. Je devais faire des efforts mais le reste de l’équipe devait faire des effort aussi. J’ai une énorme expérience des ressources humains donc je venais pour apporter mon expertise à Clustree.

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C’est donc une rencontre intelligente entre une nouvelle façon de voir les choses versus le monde conservateur qui est encore très dominant aujourd’hui. Je devais devenir le pont entre ces deux mondes. Au bout d’un an et demi d’aventure avec Clustree, je peux affirmer que c’est vraiment une réflexion que d’autres startups devraient avoir. On parle beaucoup du multigénérationel et quant on mélange tout ça, ça devient une force. J’espère sincèrement que cela permettra d’accélérer la croissance de Clustree.

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« C’est une rencontre intelligente entre une nouvelle façon de voir les choses versus le monde conservateur qui est encore très dominant aujourd’hui. Je devais devenir le pont entre ces deux mondes. »

La team

Bénédicte de Raphélis Soissan

En 2013, après 4 ans dans le conseil. Bénédicte décide de se reconvertir. Afin d'identifier une carrière possible, elle analyse à la main plusieurs centaines de profils de professionnels similaires au sien. De cette recherche est né Clustree, dont la volonté est de donner un nouveau souffle à la gestion de carrières dans les grandes entreprises, grâce au big data.

Benjamin Devèze

Expert en big data, machine learning ou encore data mining, Benjamin est depuis plus de deux ans le CTO de Clustree. Benjamin a commencé son parcours chez Thalès, en développant des programmes d'intelligence artificielle et plus précisément des systèmes multi-agents. Puis, il a rejoint la starup Yakaz, un moteur de recherche d’annonces locales, en tant que CTO.

Jean-Louis Pérol

Jean-Louis intervient depuis plus de 20 ans dans le domaine des Ressources Humaines . Expert des différentes formes d’externalisation RH il a accompagné de nombreuses entreprises, locales et globales, dans leurs projets de transformation RH et la mise en place de nouveaux modèles de gouvernance.