Lendix : la startup de crowdlending qui pousse les entreprises à l’infidélité envers leur banque

Lendix est une plateforme de prêts aux TPE/PME. Lendix permet d’emprunter jusqu’à 1.000.000€, directement auprès de prêteurs particuliers et institutionnels, sur des durées de 3 à 84 mois.

 

Quelques chiffres 

34 000 000 euros prêtés aux entreprises
130 projets financés
Effectif : 34 salariés

Lendix

L’histoire de Lendix

Septembre 2014 : Création de Lendix

Après avoir créé une première société il y a 16 ans, 123Venture, Olivier Goy décide de lancer une nouvelle startup avec l’ambition de démocratiser le secteur du prêt aux PME. Lendix est née.

Olivier Goy : Quand on a vu arriver le crowdfunding, le prêt en direct, ca nous a tout de suite séduit car ça parle aussi bien à des particuliers qu’à des PME. C’était notre base, notre « matière première » chez 123Venture. Ça m’a donné envie après 16 ans d’aventure entrepreneuriale de repartir de la feuille blanche et de me retrouver tout seul devant mon bureau avec mon Mac. C’est comme ça qu’est née Lendix.
Patrick je l’ai rencontré grâce à notre premier actionnaire qui s’appelle Partech Ventures. Pour Lendix il a fallu trouver des ressources et donc des actionnaires comme toutes les startups. C’est un fond que je connaissais bien car il nous avait déjà accompagné dans notre première aventure.

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Patrick de Nonneville : A l’origine je suis banquier. J’ai fait de la banque d’affaires pendant 17 ans. J’étais trader à Londres sur les salles de marchés. J’ai vécu les remue-ménage de la crise de 2008 de l’intérieur donc. Les choses se sont un peu calmées par la suite mais ca m’a permis de me rendre compte qu’il s’agissait de métiers qui n’avaient pas changé depuis longtemps dans la manière dont ils étaient faits et ceux pour plein de raisons : technologiques, réglementaires, relations de la banque avec leurs clients … J’ai compris que toutes ces barrières là étaient en train de tomber. J’avais donc deux choix. Soit je restais sur la plage pour voir si la vague allait arriver jusqu’à mes pieds. Soit je prenais une planche de surf et j’allais surfer sur cette vague de changement. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré les gens de Partech. Je leur ai dit qu’il se passait des choses phénoménales dans le domaine du prêt aux USA, en Angleterre  … et je leur ai demandé s’ils connaissaient des gens qui, en Europe Occidentale, se lançaient dans ce secteur. C’est comme ça qu’ils m’ont présenté Olivier. 15 minutes de speed dating plus tard, nous étions d’accord pour créer ce projet de toutes pièces d’autant plus que nous avions la chance d’avoir une opportunité unique puisque c’était un secteur qui était interdit avant 2014 en France.

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« J’ai vécu les remue-ménage de la crise de 2008 de l’intérieur donc. Les choses se sont un peu calmées par la suite mais ca m’a permis de me rendre compte qu’il s’agissait de métiers qui n’avaient pas changer depuis longtemps. »

Octobre 2014 : Le cadre réglementaire du financement participatif évolue

La loi autorise officiellement, à partir du 1er octobre 2014, les particuliers à prêter directement de l’argent aux entreprises via des plates-formes de financement participatif ou de « crowdfunding » dédiées.

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Octobre 2014 : première levée de fonds de 7 millions d’euros

Pour lancer officiellement sa startup, Olivier Goy a levé 7 millions d’euros auprès de Partech Ventures, de Weber Investissements, de Marc Menasé et des dirigeants d’123 Venture.

Olivier Goy : Créer une startup en partant d’une feuille blanche ce n’est pas facile. La chance que j’avais c’est que c’était ma deuxième entreprise. Et en plus je la créais dans un secteur où je maitrisais déjà pas mal de paramètres. Je connaissais déjà les investisseurs privés, les investisseurs institutionnels, la réglementation … L’inconnu c’est de savoir comment mélanger tous ces ingrédients ensemble pour que ca fonctionne . Le deuxième point important c’est : comment on finance une entreprise ? C’est le fameux road show où l’on va voir les business angels, les fonds de capital-risque … Encore une fois, du fait de mon expérience professionnelle précédente, j’ai été très avantagé. On a eu la chance de réunir des investisseurs sans trop de difficultés parce qu’on les connaissait, on savait comment s’adresser à eux, et on avait surtout ce qu’il y a de plus important pour eux : le capital confiance.

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Philippe Collombel (Managing Partner Partech Ventures) : Je me souviens du jour où, en 2014, Olivier Goy et moi avons parlé de son idée de lancer une nouvelle entreprise. Nous avons immédiatement décidé de le soutenir et avons affiné le projet ensemble. Il faut dire qu’entre Olivier et Partech, c’est une longue histoire. En 2000, il quitte … Partech dont il était associate et crée 123Venture pour démocratiser l’accès au capital-investissement des particuliers. Nous décidons alors de le suivre en investissant à ses côtés. Un seul chiffre pour vous dire le succès de cette entreprise : en 2016, 123Venture gère 1,15 milliard d’euros…

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« Créer une startup en partant d’une feuille blanche ce n’est pas facile. La chance que j’avais c’est que c’était ma deuxième entreprise. »

Mars 2015 : Deuxième levée de fonds de 3,2 millions d’euros

Decaux Frères Investissements, la Banque Wormser Frères, Sycomore et deux family offices internationaux entrent au capital de la start-up auprès de ses investisseurs historiques, Partech Ventures, Weber Investissements, Marc Menasé et les dirigeants d’123 Venture. Ils investissent 3,2 millions d’euros en capital et s’engagent par ailleurs à prêter 25 millions d’euros aux projets proposés sur la plateforme.

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Avril 2015 : Premier prêt accordé : Alain Ducasse Entreprise emprunte 300 000 euros

Alain Ducasse Entreprise lève 300 000 euros auprès de souscripteurs particuliers et institutionnels pour rénover et investir dans 4 sociétés du groupe qui sont les trois restaurants parisiens Benoît, Aux Lyonnais et Rech ainsi que la chocolaterie d’Alain Ducasse.

Patrick de Nonneville : De par notre expérience, nous savons que les prêteurs vont venir de manière naturelle si les emprunteurs sont de qualité. C’est donc là dessus que nous nous sommes concentrés. Nous sommes allés chercher des emprunteurs emblématiques. Alain Ducasse a créé beaucoup de couverture médiatique. Les gens se sont demandé pourquoi Alain Ducasse allait sur une plateforme de crowdlending et pas auprès de sa banque. Les gens se posaient des questions. Par la suite nous avons eu beaucoup d’hôtels et de restaurants qui sont venus nous voir car ce qu’avait fait Alain Ducasse les inspirait. On a également eu les pressing 5 à sec, leader mondial du pressing. On avait donc à la fois de grands groupes industriels et des TPE/PME qui venaient emprunter sur Lendix. Nous voulons prouver et montrer par là que Lendix est destinée à toutes les entreprises. Pour comprendre pourquoi les entreprises comme celle d’Alain Ducasse viennent emprunter sur Lendix, il faut avoir en tête tout l’historique de ce que nous avons vécu depuis 2008. Les entreprises se sont rendus compte que, de la même manière qu’elles n’ont pas qu’un seul fournisseur, qu’elles n’ont pas un seul client. Il leur faut avoir plusieurs sources de financement. Ca permet aussi à ces entreprises de s’inscrire dans la modernité, dans le numérique. C’est important pour elles de montrer qu’elles savent manier les nouveaux outils.

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Olivier Goy : Il y a Lendix tel qu’on l’imaginait et Lendix dans la réalité. Au moment du lancement, on avait anticipé de séduire les très petites entreprises. On se disait que notre discours serait parfaitement adapté aux boulangers, aux charcutiers, aux artisans … car c’était sûrement eux qui avaient le plus de difficulté à discuter avec la banque. En fait nous nous sommes un peu trompés dans notre analyse initiale. C’est plutôt les entreprises d’une certaine taille qui ont été séduites par les arguments et les avantages de Lendix. Au contraire, on a découvert que les TPE avaient le syndrome de Stockholm. Ce syndrome a été remarqué chez les personnes qui se font enlever et qui tombent amoureuse de leur ravisseur. On retrouve un peu cet état d’esprit entre les chefs de très petites entreprises et leur banquier. C’est quelque chose qui est très dur à casser. Nous devons faire un énorme effort pédagogique pour leur expliquer que oui ils peuvent et ils doivent être infidèles !

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« Les gens se sont demandé pourquoi Alain Ducasse allait sur une plateforme de crowdlending et pas auprès de sa banque. »

Avril 2016 : Lendix prend le contrôle de son concurrent Finsquare, spécialiste du prêt à court terme.

Fondé en 2014 par Polexandre Joly et Adrien Wiart, Finsquare revendique une communauté de plus de 3 500 prêteurs actifs et plus de 4 millions d’euros prêtés via sa plate-forme.

Olivier Goy : L’offre de Finsquare répond à un vrai besoin des entreprises et des investisseurs. Elle complète parfaitement l’offre Lendix sur les prêts et la location financière de plus de 18 mois. Il nous a paru logique d’ajouter ce produit à nos solutions de financement.

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Avril 2016 : Nouvelle levée de fonds : 12 millions d’euros

Lendix lève 12 millions d’euros auprès de ses actionnaires historiques. CNP Assurances et Matmut font partie des nouveaux actionnaires. Les actionnaires de ce nouveau tour de table s’engagent également à participer aux prêts accordés sur la plateforme à hauteur de 20 millions d’euros.

 

Patrick de Nonneville : Chez Lendix, nous  levons des fonds de deux façons. On lève des fonds dans un premier temps pour financer l’entreprise. Ça nous permet de croître, d’embaucher des équipes de crédits, des équipes tech … en France et à l’étranger. Mais on cherche aussi des financements pour les entreprises. Nous avons annoncé une nouvelle levée de fonds de 12 millions pour la vie de Lendix. Certains de nos investisseurs se sont aussi engagés à prêter aux entreprises. Ils ne le font pas parce que nous leur demandons. Ils le font car c’est un investissement intéressant pour eux. Lendix ne fonctionnera que si l’investissement est intéressant pour les prêteurs qu’ils soient particuliers ou institutionnels.

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« Certains de nos investisseurs se sont aussi engagés à prêter aux entreprises. Ils ne le font pas parce que nous leur demandons. Ils le font car c’est un investissement intéressant pour eux. »

Juillet 2016 : Lendix s’installe sur le marché espagnol

Lendix reçoit l’agrément du régulateur espagnol pour opérer en tant que plateforme de prêt. Lendix devrait recruter 6 personnes en Espagne sur 2016 et prévoit plus de 10 embauches additionnelles en 2017.

Patrick de Nonneville : On est aujourd’hui potentiellement sur une trajectoire pour faire un peu plus de 45 millions d’euros de prêt cette année. Cela resprésente une croissance significative par rapport aux 11 millions d’euros que nous avons prêtés en 2015.

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Olivier Goy : L’idée de Lendix n’est absolument pas de créer le leader franchouillard du secteur mais vraiment de créer une entreprise qui sera leader en Europe Continentale. Nous sommes présents à Paris. Nous avons ouvert très récemment l’Espagne et nous serons très prochainement présents en Italie.

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« On est aujourd’hui potentiellement sur une trajectoire pour faire un peu plus de 45 millions d’euros de prêt cette année. »

La team

Olivier Goy

Olivier Goy est le fondateur et président du directoire de Lendix.Auparavant, Olivier a fondé 123Venture en 2000 avec la volonté de démocratiser l’accès au capital-investissement en ouvrant cette classe d’actifs aux investisseurs particuliers. 123Venture compte désormais plus de 60.000 clients privés et 1,15 milliard d’euros d’actif sous gestion

Patrick de Nonneville

Patrick de Nonneville est membre du directoire et Chief Operating Officer de Lendix.Patrick a une longue expérience de la banque. Il était dernièrement (2007-2014) co-responsable des activités de Taux en Europe et Partner de Goldman Sachs à Londres. A ce titre il siégeait au comité opérationnel Taux mondial et était responsable de la gestion des risques de Rosethay Life,