Tripndrive : plus de 40 000 personnes séduites par l’autopartage dans les aéroports et les gares

Les débuts et le lancement

François-Xavier Leduc : L’histoire a commencé il y a un peu plus de trois ans maintenant. Nous étions deux à travailler dans de grandes structures et on avait envie de faire autre chose. On avait tous les deux déjà développé des startups auparavant. Arthur, mon premier associé, ç’est un ami. Ça fait 15 ans que je le connais. Il a travaillé dans une startup dans la mode auparavant. Il s’y ennuyait un peu et il avait vraiment envie de faire autre chose. On a décidé de se lancer à deux. De mon côté, j’ai un background qui est plus marketing. J’ai bossé dans de grandes structures comme Saint Gobain ou Procter & Gamble. Au bout d’un moment, comme on était plutôt deux business oriented, on a cherché un tech pour venir compléter l’équipe et porter l’aspect techno du projet.

Tripndrive

On est parti à l’aventure pour pitcher l’univers tech. On est allé dans des écoles d’ingénieurs mais aussi à des événements comme Adopt a CTO chez NUMA. C’est assez amusant car, dans l’écosystème parisien, et plus généralement l’écosystème mondial, il y a un déséquilibre très hallucinant entre les gens qui portent des idées, les business guys, et les techs. Ces derniers sont vraiment en position de force. Beaucoup de personnes cherchent un bon tech pour les accompagner. Ça se passe de manière très simple. Vous arrivez avec votre idée. En général, on a 1 à 2 minutes pour pitcher l’idée devant une communauté de 20 à 50 techs ! A la fin du pitch, ils lèvent un carton rouge ou un carton vert. Trop de cartons rouges, vous sortez. Plus de cartons verts et vous avez le droit de discuter avec eux (rires).

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On cherchait une idée de startup. On a analysé plein d’idées sur le marché, on s’est abonné à peu près à tous les feeds d’information. On regardait ce qui se faisait aux US et en Asie. Et on est tombé sur une idée qui est assez proche de celle de Tripndrive et qui s’appelle Flightcar. Ils sont partis du constat que, dans les aéroports, il y a beaucoup de personnes qui se croisent, certaines qui payent le parking et d’autres qui louent une voiture. Pourquoi ne pas créer une plateforme qui permettrait de les mettre en relation afin de faciliter le voyage et la mobilité tout en rendant ça plus économique et d’utiliser de manière plus intelligente les ressources déjà disponibles sur place.

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Nicolas Cosme : Je suis ingénieur de formation. J’ai commencé à travailler assez classiquement dans de grosses sociétés de services dans lesquelles je commençais à m’ennuyer un petit peu. J’ai toujours eu un petit intérêt pour l’entrepreneuriat. J’ai créé, avec une amie, une startup fin 2010, début 2011. C’était un petit projet web qui n’a pas très bien fonctionné mais qui m’a permis de découvrir un écosystème qui me plaisait beaucoup. Très effervescent et très rapide. A l’issue de cette expérience, je n’ai pas eu envie de retourner vers les grosses sociétés. J’avais vraiment envie de rester dans l’entrepreneuriat. Je n’avais pas forcément une âme de CEO donc j’étais assez à l’aise avec le concept d’association. Je suis donc parti en recherche. C’est comme ça que j’ai rencontré François-Xavier et Arthur. Ils réfléchissaient au projet depuis plusieurs mois déjà.

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La première fois qu’ils m’ont parlé du projet, j’ai répondu que ça n’allait pas le faire, que je ne bosserais pas avec eux car je ne voulais pas travailler dans les parkings mais bien dans le web ! Et finalement, ils ont bien pris le temps de m’expliquer dans le détail tout le concept. J’avoue que je n’avais, en effet, pas bien estimé l’intérêt de ce projet. Ça a été le premier élément déclencheur. Le deuxième, c’était les personnes. Je cherchais vraiment des gens avec qui j’allais bien m’entendre. Mon expérience passée m’avait appris qu’il fallait apporter une importance toute particulière à l’association. Quand on se lance dans un projet comme celui ci, on se donne à 200%. On travaille le soir et le week end. Ça nous est même arrivée d’aller accueillir des clients à 4h00 du matin sur les parkings au début. Donc, si on ne s’entend pas parfaitement, si on n’a pas une vision commune, c’est difficile de donner 200% de sa motivation.

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«La première fois qu’ils m’ont parlé du projet, j’ai répondu que ça n’allait pas le faire, que je ne bosserais pas avec eux car je ne voulais pas travailler dans les parkings mais bien dans le web ! Et finalement, ils ont bien pris le temps de m’expliquer dans le détail tout le concept. J’avoue que je n’avais, en effet, pas bien estimé l’intérêt de ce projet.»

Le pitch

Nicolas Cosme : Tripndrive, c’est une solution d’autopartage entre voyageurs. Une personne qui prend l’avion ou le train peut laisser sa voiture dans un parking de ces lieux, gratuitement là où en général les parkings sont très chers. En échange de quoi nous la laissons à disposition pour des personnes qui arrivent et qui eux à leur tour peuvent bénéficier d’une location beaucoup moins chère que chez des loueurs classiques.

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François-Xavier Leduc : En résumé, on propose aux gens qui n’utilisent pas leur voiture, de nous la confier. Ils la déposent sur un parking à proximité de chez eux, à la gare ou à l’aéroport. Nous, on leur garantit d’avoir le parking gratuit. Pendant leur absence, nous allons la louer à une autre personne. Pour la personne qui n’utilise pas sa voiture, ça leur permet de résoudre le problème du stationnement et pourquoi pas gagner un peu d’argent car on va, en effet, la rémunérer en fonction du kilométrage effectué. Pour la personne qui utilise la voiture, ça lui permet d’avoir accès à une voiture de manière extrêmement simple et à un prix économique.

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Il y a 3 ans, on lançait l’activité sur notre premier site à Orly. Aujourd’hui, nous sommes présents sur les 11 plus gros aéroports de France qui font plus de 4 millions de passagers. Nous sommes également présents sur les 20 premières gares françaises aussi. Nous sommes maintenant en plus sur 40 sites complémentaires. Nous avons par exemple développé 18 parkings dans Paris. En fin d’année, nous aurons 40 parkings dans Paris. Nous avons aujourd’hui 40 000 personnes qui ont utilisé notre service. Nous faisons à peu près 350 % de croissance annuelle. Nous sommes 14 dans l’équipe aujourd’hui et on devrait être une vingtaine à la fin de l’année.

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«Tripndrive, c’est une solution d’autopartage entre voyageurs. Aujourd’hui, nous sommes présents sur les 11 plus gros aéroports de France qui font plus de 4 millions de passagers. Nous faisons à peu près 350 % de croissance annuelle.»

Les coulisses de la Startup

Nicolas Cosme : On a commencé à travailler au début un peu en off, dans le garage en quelque sorte. Eux avaient déjà travaillé sur l’analyse du marché. Ils commençaient à avoir une bonne idée de comment mettre la première brique. Mais, avant de s’associer ou de décider quoi que ce soit, on s’est d’abord mis à travailler. On s’est donné 4 mois pour mettre en production le minimum viable product et la version bêta du service. On se disait qu’une fois qu’on aurait fait ça, on aurait une bonne idée de la valeur ajoutée que chacun apporte dans l’équipe et on pourra ainsi déterminer comment on s’associe et sur quelle base. Au terme de ces 4 mois, nous avions lancé l’activité de Tripndrive sur le premier aéroport à Orly. On s’est associé à un tiers. On voulait créer un équilibre au sein des associés pour ne pas créer de tension. Une startup, c’est un projet qui est très excitant au départ mais c’est surtout un marathon qui dure des années avant de vraiment se développer et prendre de l’envergure. Il faut avoir des bases très saines pour pouvoir compter sur les associés et se développer dans la durée.

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François-Xavier Leduc : Au terme de ces 4 mois, nous avions donc lancé l’activité de Tripndrive. Très vite on a vu que l’on avait de la traction sur ce modèle, que les gens commençaient à déposer leur voiture. En revanche, notre modèle économique ne fonctionnait pas. Il n’était pas scalable car on envisageait d’employer des gens sur chacun des sites, on envisageait de louer des places de parking fixes. Ce n’était donc pas scalable car ça représentait trop de coûts fixes. Grâce au NUMA, on a complètement repensé notre modèle économique. Ils nous ont beaucoup aidé dans cette étape de remise à plat du modèle économique pour redéfinir un modèle beaucoup plus scalable. Après cette nouvelle phase, on avait un modèle qui était vraiment scalable en s’appuyant sur des partenaires pour pouvoir développer le service. Nous n’étions plus qu’un opérateur technologique.

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On a commencé à le déployer sur d’autres aéroports. On en a développé 8 de plus et comme ça semblait bien fonctionner, on s’est dit qu’il serait également intéressant de développer notre offre dans les gares. On a ouvert d’abord à la gare Montparnasse en développant un partenariat avec Effia. Pendant 4 à 5 mois, on a testé le modèle. On s’est rendu compte que ça prenait de la même manière. On a donc développé 20 gares. Puis en analysant le type d’usage qu’on avait sur les gares, on s’est rendu compte que pas mal de gares étaient situées en centre-ville et que les gens qui consommaient le service étaient aussi des gens qui habitaient dans la zone. Nous y avons donc vu une opportunité à tester notre service sur le comportement en centre-ville. Se détacher du voyage et s’attacher à créer de la proximité avec les gens.

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Nicolas Cosme : Ce qui est donc intéressant, c’est que notre développement est basé sur un système itératif. On a une idée à la base, que l’on met rapidement sur le marché pour la tester. Plutôt que de partir dans de grandes réflexions et établir des hypothèses, il est préférable de rester sur la méthode lean qui permet d’avancer sur des itérations les plus courtes possibles en développant et en mettant en place des éléments qui permettent d’avoir des feedback très rapidement et pouvoir ainsi s’adapter et avancer rapidement dans le bon sens.

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« Au terme de ces 4 mois, nous avions donc lancé l’activité de Tripndrive. Très vite, on a vu que l’on avait de la traction sur ce modèle, que les gens commençaient à déposer leur voiture. En revanche notre modèle économique ne fonctionnait pas. Grâce au NUMA, on a complètement repensé notre modèle économique pour le rendre scalable. »

La levée de fonds

François-Xavier Leduc : Nous avons commencé de manière très simple en mettant chacun nos économies. On a d’abord mis 30 000 euros puis on a remis grâce au réseau friend and family environ 150 000 euros. Au bout d’un an, nous avions consommé cette somme. Nous sommes donc aller chercher de l’argent auprès de fonds. On en a rencontré pas mal et finalement on a décidé de lever avec Isai. Nous avons levé 1 millions d’euros avec eux il y a un peu plus d’un an et nous préparons aujourd’hui un nouveau tour de table qui arrivera dans les semaines à venir.
Quand on lève de l’argent, il faut choisir ce que l’on veut. C’est vraiment ce que j’ai appris de mes discussions avec les différents fonds. Il faut se poser la question de savoir si l’on veut juste de l’argent et être tranquille chez soi ou est-ce que, en plus de l’argent, on veut des personnes qui vont s’impliquer dans l’entreprise pour apporter de la valeur comme des conseils, des mises en relation, … Nous, au départ, on avait le choix entre se financer avec des business angels, un fond strictement financier qui mettait des conditions qui n’étaient pas très corporate pour assurer le refinancement à terme, et Isai qui est un fond créé par les entrepreneurs et qui s’engage vraiment, en plus de l’argent, à être comme ils le disent, envahissants mais bienveillants. C’est très vrai.

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Nous avons eu des phases plus ou moins faciles au cours de la dernière année, nous avons toujours eu, en face de nous, des personnes bienveillantes dans leurs démarches. On ne s’est jamais retrouvé en situation difficile avec une pression idiote du fond mais plutôt des questions intelligentes, des mises en relation pour débloquer une situation, … Après, il ne faut jamais oublier que quelle que soit la qualité des conseils qu’apporte un fond, ça reste nous les entrepreneurs qui sommes à la barre et qui définissons la vision de l’entreprise.

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«Nous avons eu des phases plus ou moins faciles au cours de la dernière année, nous avons toujours eu, en face de nous, des personnes bienveillantes dans leurs démarches. »

Anecdote

Nicolas Cosme : Quand on s’est rencontré tous les trois, j’étais bloqué du dos, ce qui m’a obligé à passer tout mon été couché. J’ai donc bossé quasiment non-stop durant tout l’été, ce qui nous a permis d’aller très vite finalement pour sortir le site et commencer à tester. Quand on est couché pendant un mois sans pouvoir bouger, il faut s’occuper ! J’avais donc une petite tablette. Il se sont bien entendu amusés à me prendre en photo en short, allongé et avec ma tablette. Je crois que ça les a bien arrangés que je sois immobilisé pendant l’été (rires) !

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«Quand on s’est rencontré tous les trois, j’étais bloqué du dos, ce qui m’a obligé à passer tout mon été couché. J’ai donc bossé quasiment non-stop durant tout l’été, ce qui nous a permis d’aller très vite finalement pour sortir le site et commencer à tester.»

La team

Arthur de Keyser

Tchatcheur dans l’âme, il sait parler aux gens, magicien du service client. Son seul défaut … Il casse tous les jouets de l’open space :p

François-Xavier Leduc

Fonceur, j’aime bien dire à l’équipe que l’on ne sait pas faire, mais que l’on apprendra en marchant. « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles ». Ce n’est pas de moi :-)

Léa Michaut

Plus à l'aise pour surfer sur le web que sur une planche (mais elle y travaille…), elle passe son temps à recruter des Tripndrivers par écrans interposés. Penchant certain pour les afterwork...

Marc-Olivier Richirt

Avec pour seule arme sa mèche, il court partout à la recherche de nouveaux partenariats dans l’optique de déployer le service

Nicolas Cosme

Ayant grandi dans une cave avec un ordinateur pour seul jouet, il est devenu naturellement CTO. Depuis, il a appris à communiquer avec des humains, et ça marche plutôt bien.

Marie-Anne Mobio

boule de feu ambulante, tout sourire & éclat de rire; responsable du service client, elle tourne chaque détracteur en promoteur grâce à sa baguette de bonne humeur & d’attention.

Léo Gaudez

Smart, beau gosse, et modeste :-), ce geekosportif met tout en oeuvre pour répondre aux attentes techniques des Tripndrivers. Généralement, insulter son ordinateur l’aide à résoudre les bugs…

Pierre Thirouin

Geek pas si bizarre que ça. Plus à l’aise pour écrire du code que des bios.

Henri Bonus

le benjamin de l’équipe :-) c’est lui qui s’assure que tout tourne bien sur le terrain.

Alicia Bissiri

Ses racines siciliennes se font sentir au quotidien - elle sait souffler le chaud et le froid sur le service client, et surtout orienter Tripndrivers et partenaires à la baguette ;-)

Melchior Behaghel

Accroché au téléphone il accompagne les clients à travers l’expérience Tripndrive et répond à toutes les questions même les plus étonnantes.